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Grande Anse à La Réunion : la plage du dimanche, sous les cocotiers

Grande Anse à La Réunion : la plage du dimanche, sous les cocotiers

Il y a des plages qu'on visite, et il y en a une qu'on habite. À La Réunion, Grande Anse appartient à la seconde catégorie. C'est la plage du dimanche, celle des glacières trop lourdes, des cousins qu'on n'a pas vus depuis un mois, du cari qui attend à l'ombre pendant que les enfants courent vers l'eau. Si tu as grandi dans le Sud, tu sais déjà l'odeur qu'il y a dans l'air en arrivant : le sel, le charbon des grillades, et cette senteur verte des cocotiers chauffés par le soleil.

Là où commence le Sud sauvage

Grande Anse se trouve à Petite-Île, sur la côte sud de l'île, à un quart d'heure à peine de Saint-Pierre ou de Saint-Joseph. C'est ici, exactement, que commence ce qu'on appelle le Sud sauvage : la partie de La Réunion où la route se fait plus étroite, où les falaises tombent dans l'océan sans prévenir, où la mer ne demande la permission à personne.

La plage, elle, s'ouvre comme une parenthèse douce au milieu de tout ça. Une baie bordée d'une palmeraie de cocotiers, penchés vers l'eau comme s'ils saluaient chaque vague. Peu de plages à La Réunion ressemblent à celle-là. Le Sud est souvent minéral, noir, coupant. Grande Anse, elle, garde un côté carte au trésor : le sable clair, les palmes qui bougent, et derrière, la montagne verte qui veille.

Le bassin, ou la mer qu'on a appris à apprivoiser

Il faut le dire tout de suite, parce que ça fait partie de l'endroit : à Grande Anse, on ne se baigne pas n'importe où. La côte est dépourvue de lagon, et l'océan y arrive à pleine force, battu par la houle. En pleine mer, ça ne pardonne pas.

Alors les hommes ont fait ce qu'on fait à La Réunion depuis toujours : composer avec la nature sans la brusquer. Au sud de la plage, un bassin de baignade a été aménagé, une piscine naturelle protégée où l'eau devient calme et transparente. Peu profond, moins d'un mètre cinquante, il cache pourtant une vie sous-marine étonnante. Un masque, un tuba, et voilà que défilent poissons-papillons, poissons-chirurgiens, bénitiers accrochés au corail, parfois une murène glissée dans une anfractuosité. Les enfants y font leurs premières brasses ; les grands y retournent en apnée pour retrouver, l'espace d'un instant, l'émerveillement des premières fois.

La plage du dimanche

Ce qui rend Grande Anse inoubliable, ce n'est pas seulement le décor. C'est ce qu'on en fait. Dès le vendredi soir, dans les familles réunionnaises, la question tombe : « On va Grande Anse dimanche ? » Et si la réponse est oui, il faut être tôt. Le grand parking se remplit à vue d'œil pendant les vacances, les kiosques de pique-nique se réservent au lever du jour, à coups de nappes déposées et de glacières posées comme des drapeaux.

Alors la journée s'étire. On surveille les petits près du bassin, on refait le monde à l'ombre, on ressort la marmite, on somnole un peu, on repart se baigner. Grande Anse, ce n'est pas une plage où l'on passe. C'est une plage où l'on reste, du matin jusqu'à ce que le soleil descende derrière les cocotiers et que les dernières familles replient, à regret, la nappe pleine de sable.

C'est pour ça que, pour tant de Réunionnais, ce lieu tient plus de l'album de famille que de la carte postale. Chacun y a un souvenir précis : un anniversaire, un premier plongeon, une photo un peu floue où tout le monde plisse les yeux dans la lumière.

Ramener Grande Anse près de soi

Quand on vit loin de l'île, c'est souvent ce genre d'endroit qui manque le plus. Pas le monument, pas le décor de brochure : la plage du dimanche, celle qui sent le charbon et le sel, celle où l'enfance a laissé quelque chose. On ne peut pas emporter le bruit des vagues ni la fraîcheur du bassin. Mais on peut garder l'image près de soi, sur un mur, pour que la journée recommence un peu chaque matin.

C'est exactement pour ces lieux-là qu'on crée nos affiches. L'affiche Grande Anse raconte cette baie de cocotiers penchés sur l'océan sauvage, à accrocher là où le regard tombe le matin. Et si c'est toute l'île qui te manque, il y a aussi la collection Réunion, pour reconstituer, mur après mur, le chemin qui ramène chez soi.

Le Sud sauvage ne se résume pas à une plage. Après Grande Anse, la route continue vers les cases anciennes et les hauteurs de l'île : on t'a déjà raconté les varangues et lambrequins des cases créoles, et le lever de soleil au Piton des Neiges. Grande Anse, elle, reste le point de départ. La plage où, chaque dimanche, La Réunion se rappelle qu'elle est une famille.

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