Vai direttamente ai contenuti
Nos styles
Nos artistes
World Art
Produits dérivé
Takamaka : la vallée où la montagne se change en cascades

Takamaka : la vallée où la montagne se change en cascades

Il y a des endroits de La Réunion que l'on ne montre pas sur les cartes postales, parce qu'ils ne tiennent pas dans un cadre. Takamaka est de ceux-là. C'est une vallée fermée, tout au fond de l'Est, au-dessus de Saint-Benoît, où la montagne semble avoir décidé de se transformer en eau. Tu arrives, la route s'arrête, et devant toi des falaises se dressent d'où tombent des dizaines de cascades. On dirait que la forêt pleure de bonheur.

Une rivière née tout en haut de l'île

Pour comprendre Takamaka, il faut remonter loin. Très loin, très haut. La rivière des Marsouins prend sa source à près de 2 500 mètres d'altitude, du côté de Cilaos, presque sous le Piton des Neiges. De là, elle descend pendant une trentaine de kilomètres jusqu'à l'océan Indien, à Saint-Benoît. Entre les deux, elle traverse un monde que peu de gens voient : la forêt de Bébour, une des dernières grandes forêts primaires de l'île, un tapis d'arbres et de brume posé sur ce que les géologues appellent le cirque des Marsouins, une ancienne dépression du volcan comblée puis recouverte par les bois.

Quand la rivière arrive dans la vallée de Takamaka, elle a déjà rassemblé une multitude de bras et de ravines. Son débit gonfle, et le décor devient vertical. Sur un fond de basalte noir, l'eau se coupe en une suite de cascades hautes de quarante à cinquante mètres, jusqu'à la plus belle d'entre elles, celle qu'on a nommée la cascade Arc-en-Ciel. En quatre kilomètres à peine, la rivière chute de cinq cent cinquante mètres. Cinq cent cinquante mètres. C'est une île entière qui se penche.

La vallée où il pleut le plus

Si Takamaka est aussi verte, aussi ruisselante, c'est qu'ici il pleut comme nulle part ailleurs. Saint-Benoît, la deuxième plus grande commune de l'île, s'étire du bord de mer jusqu'aux sommets, et elle reçoit les alizés de plein fouet : la pluie tombe une centaine de jours par an, le vent souffle presque autant. On a mesuré, une année, plus de six mètres d'eau tombés du ciel. Six mètres. Cette générosité un peu folle du climat, c'est elle qui fabrique la cathédrale d'eau de Takamaka. Chaque averse sur les Hauts redescend en filets, puis en voiles, puis en cascades.

C'est un lieu qui se mérite. Le ciel y est souvent bas, la brume s'accroche aux remparts, et la lumière change toutes les dix minutes. On vient au belvédère, on attend, on se tait. Et puis un rayon passe, et toute la falaise s'allume d'un coup, argentée par l'eau. Ceux qui sont nés dans l'Est connaissent cette sensation par cœur : celle d'un endroit trop grand pour les mots.

La beauté qui travaille

Ce qui rend Takamaka encore plus émouvant, c'est un secret que le paysage garde bien. Cette eau qui tombe n'est pas seulement belle : elle éclaire les maisons. Depuis des décennies, une partie de la rivière est captée pour produire de l'électricité. Deux barrages veillent dans la vallée, Takamaka I, en aval, que les anciens appellent aussi le barrage de Gingembre, et Takamaka II, plus haut. Un tunnel de plus de huit cents mètres a même été creusé dans la montagne pour amener l'eau d'un bras voisin jusqu'à la rivière. La force brute de la pluie réunionnaise a été apprivoisée, sans que le lieu perde une once de sa sauvagerie.

C'est peut-être ça, la vraie leçon de Takamaka. Ici, la beauté n'est pas une carte postale posée sous verre : c'est une force vivante qui descend de la montagne, nourrit la forêt, remplit les bassins et finit par allumer une ampoule quelque part, un soir, dans une case de Saint-Benoît. La même eau relie le sommet du Piton des Neiges à la table du dîner.

Garder Takamaka près de soi

Quand on grandit dans l'Est, ou quand on a passé un dimanche entier à écouter tomber ces cascades, on emporte Takamaka partout. C'est un vert qui ne s'efface pas, une fraîcheur qu'on cherche encore des années plus tard, même à des milliers de kilomètres. Pour la diaspora, ce paysage-là dit une chose simple : là-bas existe toujours, et il continue de couler.

C'est pour ça que nous avons voulu en faire une affiche. Pas pour résumer Takamaka, on ne le pourrait pas, mais pour en garder la présence sur un mur, pour que la vallée reste dans le coin de l'œil, chaque matin. Tu peux la retrouver sur l'affiche Takamaka, aux côtés des autres lieux de l'Est comme l'Anse des Cascades, ou parmi toute la collection des affiches de La Réunion. Un morceau de là-bas, encadré, à ramener chez soi.

Lascia un commento
Si prega di notare che, prima di essere pubblicati, i commenti devono essere approvati.