Il y a des plages qui crient et d'autres qui te prennent par la main. La plage des Raisins Clairs est de celles qui apaisent. On y arrive par le bourg de Saint-François, à la pointe sud-est de la Grande-Terre, là où la Guadeloupe regarde au large la Désirade et les îlets de la Petite-Terre. Le sable est clair, l'eau retenue, et au-dessus de toi, un arbre bas déploie son ombre ronde comme s'il t'attendait.
Cet arbre, c'est le raisinier de bord de mer. Il a donné son nom à la plage. On l'appelle ainsi parce que ses fruits pendent en petites grappes, comme des raisins de vigne oubliés au bord de l'océan. Rien de spectaculaire au premier regard, et pourtant c'est lui qui tient tout. Ses racines agrippent le sable, ses feuilles rondes et coriaces encaissent les embruns, et son ombre devient, aux heures chaudes, le seul endroit où l'on a vraiment envie de poser sa serviette.
Une eau calme, tenue par le corail
Si l'eau des Raisins Clairs est si douce, ce n'est pas un hasard. Toute cette façade de la Grande-Terre est protégée des courants de l'Atlantique par une barrière de corail. Le large peut gronder au loin, ici le lagon reste lisse, tiède, presque immobile. C'est une eau pour marcher lentement, pour laisser les enfants avancer sans crainte, pour flotter sur le dos en fixant le ciel entre deux feuilles de raisinier.
Saint-François vit de cette douceur. Commune balnéaire d'environ treize mille habitants, elle a fait de ses plages et de ses activités nautiques un art de vivre, tout en gardant son deuxième port de pêche de l'archipel et ses cultures maraîchères dans les terres. On sent, aux Raisins Clairs, cette Guadeloupe qui ne se donne pas en spectacle : celle du quotidien, des familles du dimanche, des vendeurs de sorbet coco et des parties de dominos à l'ombre.
Un rivage qui a de la mémoire
Ce coin de côte n'est pas né hier. Un peu plus loin, à l'Anse à la Gourde, des fouilles menées depuis les années 1990 ont mis au jour les traces des premiers habitants de l'île, des Amérindiens installés là bien avant l'arrivée des Européens. Marcher sur cette pointe de la Grande-Terre, c'est marcher sur des siècles de présence humaine, sur des générations qui ont regardé la même mer, cherché la même ombre, écouté le même ressac.
C'est peut-être pour ça qu'on se sent, aux Raisins Clairs, à la fois minuscule et chez soi. La plage ne t'appartient pas, elle appartient à tous ceux qui sont venus avant, et elle t'accueille quand même. Elle continue, après ton passage, exactement pareille : le raisinier, le sable clair, le lagon retenu par le corail.
Garder ce coin de Guadeloupe près de soi
Quand on a grandi ici, ou qu'on y a laissé un été qui compte, cette plage-là ne se raconte pas facilement. C'est une couleur d'eau, une odeur d'embrun, la fraîcheur soudaine sous l'arbre. Loin de l'île, ces choses-là s'effacent doucement, et c'est justement ce qu'une affiche vient retenir. Pas une carte de tourisme, non : un morceau de là-bas, cadré, posé sur un mur, qui te rappelle chaque matin d'où tu regardes le monde.
Notre affiche Plage des Raisins Clairs essaie de garder tout ça : la lumière claire, l'eau tenue, l'ombre de l'arbre qui a donné son nom au lieu. C'est une façon de ramener chez soi la Guadeloupe douce, celle qu'on ne montre pas assez.
Et si tu veux prolonger le voyage sur cette pointe de la Grande-Terre, va voir la Pointe des Châteaux, à quelques kilomètres de là, dans la même commune de Saint-François : l'exact opposé des Raisins Clairs, là où la Guadeloupe se jette dans l'Atlantique. Entre les deux, tu tiens déjà toute une île. Retrouve-les dans notre collection d'affiches de la Guadeloupe.