Ignorer et passer au contenu
Nos styles
Nos artistes
World Art
Produits dérivé
Anse Noire, la plage de sable noir des Anses-d'Arlet

Anse Noire, la plage de sable noir des Anses-d'Arlet

Marche cinq minutes sur la pointe, franchis l'avancée rocheuse, et le sable change de couleur sous tes pieds. D'un côté, l'Anse Dufour et son sable clair. De l'autre, l'Anse Noire et son sable sombre, presque velours. Deux criques voisines, une simple langue de roche entre elles, et pourtant deux mondes. Aux Anses-d'Arlet, la Martinique a décidé de se contredire elle-même, et c'est magnifique.

Deux sables séparés par une simple pointe

Il y a une règle, sur l'île. Les plages du Nord sont de sable noir, héritage des colères volcaniques. Celles du Sud sont de sable blanc, patiemment fabriqué par les coraux et les coquillages, ce qu'on appelle le sable bioclastique. L'Anse Noire n'a pas voulu suivre la règle. Sur cette côte sud-ouest où tout devrait être clair, elle garde son sable d'origine volcanique, seule plage de sable noir de tout le Sud de la Martinique. C'est même de là, sans doute, qu'elle tient son nom.

C'est ce contraste qui te reste. Le sable noir absorbe la lumière, la garde pour lui, et l'eau au-dessus paraît plus verte, plus dense. À côté, l'Anse Dufour éclate de clarté. Deux plages qui se touchent presque et refusent de se ressembler. On dirait la Martinique tout entière tenue dans un seul regard : jamais d'un seul bloc, toujours en train de mêler les origines, le volcan et le corail, l'ombre et la lumière.

Un pays de pêcheurs nommé par un chef caraïbe

Tu la trouves aux Anses-d'Arlet, une commune qui figure parmi les quatre plus touristiques de l'île mais qui n'a rien oublié de ce qu'elle est : un pays de pêcheurs. Le bourg s'appelait déjà comme ça au temps d'un chef caraïbe, Arlet, qui a laissé son nom à la baie. Les habitants, eux, se disent Arlésiens, à des milliers de kilomètres de la Provence. Ici, on parle encore le langage des barques tirées sur le sable et des filets qu'on répare à l'ombre.

La crique, le point Y et les tortues

Descends vers l'eau. L'Anse Noire est une crique fermée, tenue par ses falaises et ses cocotiers, l'eau calme comme dans une main. Sur l'avancée rocheuse, il y a un plongeoir que la nature a taillé toute seule, que les gens du coin appellent le point Y. Il y a une grotte, aussi, celle des Chauves-Souris. Et sous la surface, si tu restes immobile, tu croises parfois ce que beaucoup viennent chercher ici : une tortue verte qui broute tranquillement, sans se presser, comme si tu n'étais pas là.

Le lieu derrière la carte postale

Un peu plus loin sur la même commune, au bord de l'eau, il y a cette petite église, Saint-Henri, célèbre pour son ponton qui la prolonge droit dans la mer, dans un alignement si juste qu'il est devenu l'une des images les plus reprises de la Martinique. L'ouragan Dean l'a frappée en 2007, on l'a relevée l'année suivante telle qu'elle était avant 1930, et elle est classée aux monuments historiques depuis 1995. C'est un des paradoxes de ces lieux très photographiés : à force d'être mis en carte postale, ils finissent par disparaître derrière leur propre image, comme l'ont montré des géographes qui ont étudié cette « cartepostalisation » des Anses-d'Arlet. On oublie qu'avant d'être un cliché, l'Anse Noire est un lieu qu'on traverse, où l'on nage, où l'on attend que la barque revienne.

À quelques kilomètres de là, au large du Diamant, le Rocher du Diamant veille sur une autre Martinique, celle des yoles et de la pierre debout. La même île, encore, qui refuse de se raconter d'une seule voix.

C'est peut-être ça qui fait la différence entre une belle photo et un lieu qui compte. La photo, tu la fais défiler. Le lieu, tu le portes. Si tu es de là-bas, ou si tu y as laissé un été, un premier bain, une main tenue sur le point Y, le sable noir de l'Anse Noire n'est pas un décor : c'est une adresse dans ta mémoire. C'est pour ces images que l'on a envie de garder une trace franche sur un mur, une affiche de l'Anse Noire qui redonne à la crique sa vraie couleur, celle que les cartes postales lissées finissent toujours par éclaircir.

Le Sud de la Martinique aurait pu être entièrement blanc. Une crique a dit non, et elle a bien fait. Tant qu'une plage garde le courage d'être à contre-couleur, elle nous rappelle que les lieux qui comptent ne sont jamais ceux qui ressemblent à tous les autres. Ils sont ceux qui gardent leur nuance, même quand tout autour vire au facile.


Ton île se raconte en plusieurs couleurs ? Retrouve la Martinique en affiches, et garde près de toi le lieu qui te ressemble.

Laissez un commentaire
Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés.